Un nouveau rapport de la Banque mondiale plaide pour le renforcement de la résilience urbaine


  

PORT-AU-PRINCE, 23 janvier 2018 – Haïti est le troisième pays le plus urbanisé dans l’Amérique latine et Caraïbes, derrière Trinité-et-Tobago et le Mexique. C’est ce que révèle un nouveau rapport de la Banque mondiale rendu public aujourd’hui et intitulé Les villes haïtiennes : des actions pour aujourd’hui avec un regard sur demain. Alors que 90 % de la population vivait en milieu rural dans les années 50, plus d’un Haïtien sur deux vit à présent en milieu urbain. Chaque année, plus de 133 000 habitants quittent les zones rurales pour s’installer en ville.

En dépit des difficultés associées à cette urbanisation rapide, le pays a accompli des progrès importants sur le plan de la réduction de l’extrême pauvreté et de la couverture des services de santé et d’éducation essentiels. Aujourd’hui, 90 % des enfants sont scolarisés, tandis que le taux de mortalité infantile a baissé de 9 % entre 2005 et 2012. Les plus grandes villes du pays sont désormais reliées au réseau routier principal, le tourisme s’est développé, et l’accès aux micro-crédits s’est élargi.

Autant d’indicateurs qui permettent de nourrir un regain d’optimisme pour l’avenir, comme le souligne le nouveau rapport consacré aux défis que doivent relever les villes haïtiennes sur trois fronts : l’accès aux services de base, l’aménagement du territoire et l’exposition aux catastrophes naturelles.

« Construire des villes résilientes et durables est une priorité pour promouvoir l’accès de tous aux opportunités. L’urgence aujourd’hui est de répondre à la demande croissante de services et d’emplois, mais aussi de transports et de logements abordables dans les villes », indique Anabela Abreu, directrice des opérations de la Banque mondiale pour Haïti.

En Haïti, contrairement à ce que l’on observe généralement dans les phénomènes d’urbanisation, la croissance rapide des villes n’est pas allée de pair avec la croissance économique. Les catastrophes naturelles et leurs coûts considérables ont également aggravé les difficultés liées au processus d’urbanisation.

Pour Sameh Wahba, directeur au pôle Développement social, rural et urbain et Résilience de la Banque mondiale, « il est essentiel de remédier au manque d’infrastructures et de services et d’améliorer l’aménagement du territoire pour réduire les risques auxquels sont exposés les citadins en Haïti. Cette nouvelle publication, qui a pour objectif de favoriser un débat de fond sur l’avenir des villes haïtiennes, met en évidence les domaines d’action prioritaires qui apporteront de meilleurs services et opportunités à la population. »

Le rapport préconise trois stratégies pour renforcer la résilience dans les villes et améliorer les opportunités pour leurs habitants :
Prioriser un urbanisme résilient pour remédier au déficit d’infrastructures et mieux se préparer à la croissance urbaine de demain. Il s’agit plus précisément d’investir dans les services de base, de consolider les données pour minimiser l’exposition aux risques, de renforcer les droits de propriété et d’améliorer la coopération entre municipalités.

Améliorer l’efficacité et le coût des transports, et mieux les coordonner avec l’aménagement du territoire. La connectivité et l’accessibilité sont deux éléments indispensables pour permettre aux habitants des villes de se rendre à leur lieu de travail et aux entreprises d’accéder aux marchés. Aujourd’hui, l’insuffisance des liaisons de transport à l’intérieur des villes haïtiennes limite l’accès aux emplois et aux débouchés économiques. De fait, 60 % des ménages n’util­isent aucun moyen de transport motorisé, et les transports publics dans les zones urbaines restent inabordables pour un grand nombre d’habitants. C’est pourquoi l’amélioration de l’efficacité et du coût des transports publics, de même que le renforcement de la coordination entre aménagement du territoire et systèmes de transport, doivent constituer des priorités essentielles pour améliorer l’accès aux opportunités économiques.

Renforcer le système financier municipal pour combler le déficit d’infrastructures et de services et s’adapter à l’augmentation de la population urbaine. Actuellement, les ressources limitées dont disposent les administrations municipales entravent lourdement leur capacité à planifier l’aménagement urbain, fournir des services et assurer la connectivité. La croissance géographique et démographique des villes s’accompagne de la difficulté de financer un développement urbain durable et inclusif. Pour relever ce défi, il faut consolider le système financier des municipalités afin de renforcer leurs capacités et leurs processus de reddition de comptes, et élargir leurs sources de financement, tout en mobilisant le levier des recettes locales.

 

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